L’odorat du chat est un sens essentiel et extrêmement performant chez le chat.

Dans son Umwelt — le monde tel qu’il le perçoit avec ses propres sens — les odeurs occupent une place centrale que nous, humains, sommes largement incapables d’imaginer.

Car avec près de 200 millions de récepteurs olfactifs contre seulement 5 millions chez l’humain, le chat vit dans un univers olfactif d’une richesse et d’une précision sans commune mesure avec le nôtre.

(Étude pertinente : « Domestic cat nose functions as a highly efficient coiled parallel gas chromatograph », PLOS Computational Biology, 2023)

 

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Bowman et Jacobson, les 2 alliés de l’odorat du chat

Les glandes de Bowman

C’est en partie grâce aux glandes de Bowman que le chat peut percevoir des stimuli olfactifs que nous autres humains sommes incapables de sentir. Situées dans l’épithélium olfactif, elles sécrètent un mucus qui rend la truffe du chat humide afin de l’aider à mieux percevoir les odeurs autour de lui. La substance sécrétée dilue les particules des effluves et facilite leur interaction avec les récepteurs olfactifs. Elle active également l’organe voméro-nasal, situé dans le canal nasopalatin, entre le palais et les fosses nasales.

Réflexe inconditionné = pas de perception consciente.

L’organe de Jacobson et le flehmen

Le flehmen — mot allemand signifiant « retrousser la lèvre supérieure » — est une attitude caractéristique des félins. Le chat retrousse les lèvres, plisse le nez, entrouvre la gueule, le regard fixe, comme envoûté, et semble « goûter » l’air avec sa langue. Ce comportement guide les molécules odorantes vers les canaux incisifs pour un traitement par l’organe voméro-nasal, dit organe de Jacobson, situé sur le palais, sous la surface intérieure du nez.

L’organe de Jacobson fonctionne de façon distincte de l’odorat principal : là où la truffe perçoit les molécules volatiles transportées par l’air, l’organe voméro-nasal détecte des composés chimiques plus lourds, non volatils et dissous — comme les molécules sémiochimiques. Ces dernières jouent un rôle central dans la communication féline, notamment pour marquer le Domaine Vital ou exprimer un état émotionnel (Bradshaw, The Domestic Cat, 2014 — Wyatt, 2014).

À noter : parler de « phéromones » chez le chat est abusif ou prématuré (Beauchamp, 1976). Le terme exact est molécules sémiochimiques.

 

Un odorat hors norme

Les chats perçoivent les odeurs 50 à 70 fois mieux que les humains. Voici ce qui l’explique anatomiquement :

  • 200 millions de récepteurs olfactifs chez le chat — contre 5 millions chez l’humain et jusqu’à 300 millions chez le chien
  • Muqueuse olfactive de 20 cm² chez le chat — contre 2 à 4 cm² seulement chez son humain
  • Bulbe olfactif particulièrement développé, jouant un rôle clé dans l’analyse des odeurs complexes

Voilà qui, en plus des glandes de Bowman, permet au chat de percevoir des effluves auxquels nous sommes totalement insensibles ou dont nous ne soupçonnons même pas l’existence.

À quoi sert l’odorat du chat au quotidien ?

Le chat utilise l’odorat pour l’exploration de l’environnement et des nouveaux objets, dans le contexte sexuel, et surtout pour la communication intraspécifique. Il y recourt quotidiennement pour :

  • Explorer précisément son environnement
  • Communiquer avec ses congénères
  • Flairer une proie ou un danger
  • Localiser un potentiel partenaire sexuel
  • Trouver de la nourriture et évaluer sa fraîcheur

Le choix des aliments est guidé principalement par l’odorat, en combinaison avec le goût. Lorsque l’odorat est compromis — suite à une infection respiratoire par exemple — les effets peuvent être catastrophiques sur l’appétit, le nettoyage du pelage et le comportement sexuel

 

Psy Cat Comportementaliste Félin Nice Monaco Alpes Maritimes et Var brachycéphale

Le cas des chats brachycéphales

Les chats au museau plat — Persan, British Shorthair, Exotic Shorthair, Scottish Fold, Himalayen — sont anatomiquement désavantagés.

L’odorat du chat brachycéphale est directement impacté par la morphologie du museau.

Plus le museau est plat, moins le système olfactif est performant.

Cependant, même chez les brachycéphales, l’odorat reste nettement supérieur à celui de l’humain. Ils demeurent capables de détecter des stimuli olfactifs qui nous sont totalement imperceptibles.

 

Conclusion

L’odorat du chat est un pilier central de la perception sensorielle du chat.

Grâce à ses récepteurs olfactifs nombreux, son organe voméronasal, ses glandes de Bowman et un bulbe olfactif très développé,

il analyse des molécules odorantes complexes pour communiquer, chasser et détecter les dangers.

Comprendre ce sens, c’est mieux appréhender l’Umwelt de votre chat — et mieux interpréter ses comportements au quotidien.

 

Questions fréquentes

Pourquoi la truffe du chat est-elle humide ?

Grâce aux glandes de Bowman, situées dans l’épithélium olfactif, qui sécrètent un mucus. Cette humidité améliore la capture des molécules odorantes et optimise la perception olfactive.

Qu’est-ce que le flehmen ?

C’est un comportement caractéristique des félins : le chat retrousse les lèvres, entrouvre la gueule et semble « goûter » l’air. Il active ainsi son organe de Jacobson pour analyser les molécules sémiochimiques.

Les chats perçoivent-ils les phéromones ?

Le terme phéromone est inexact chez le chat. On parle de molécules sémiochimiques — des signaux chimiques qui jouent un rôle central dans la communication féline, le marquage du Domaine Vital et l’expression des états émotionnels.

 

Si vous voulez mieux comprendre la nature profonde de votre chat — ses besoins, son comportement — je suis là pour vous accompagner.

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Sources : PLOS Computational Biology (2023) — Bradshaw, The Domestic Cat (2014) — Wyatt (2014) — Beauchamp (1976) — Chemical Senses (1995)